Dans la République du bonheur

de Martin Crimp

(Création 2018)

Nous tendrons vers cette question : qu'est-ce que ne pas avoir sa place dans une société ? dans une famille ? Il existe ceux qui sont à leur place, ceux qui restent, ceux qui font partie de la famille, ceux qui sont dans la lumière, ceux qui mangent la dinde et puis il y a ceux qui partent, qui sont de passage, qui sont dehors dans la voiture, qui sont des éléments périphériques, molécules indépendantes, ceux qui n'ont pas leur place.

Dans la République du bonheur nous intéresse car ce texte joue avec la notion de limite et questionne donc la marge. Il met en scène les codes de la société bourgeoise, la performance douteuse du bonheur familial.

Ce bonheur nous aimerions l'exhiber à la manière d'un soap américain ou d'une pub Moulinex, en grossir les contours pour que la peinture craquelle peu à peu.
Mais de quelle société parle-t-on exactement ? Nous avons choisi de voir en cette scène familiale une forme de dystopie. Du monde extérieur on ne voit rien. L'électricité est devenue chère au point qu'une famille bourgeoise ne se permet pas d'allumer les lumières de leur salle à manger. On peut donc projeter la vision d'un monde où les ressources premières viennent à manquer cruellement, où le désir et les sentiments font défaut et où l'alimentation est devenue une obsession, le tout contrôlé par un État fort qui prône le bien- être et la réussite personnelle. 

Bonnes !

adaptation libre des Bonnes de Jean Genet

(Création 2015)

La force de la poésie de Jean Genet mais aussi son humour sont conservés tout en entrant dans une fantasmagorie moderne.

Réflexion sur la sororité, sur le genre, sur la lutte des classes mais avant tout fantasme, fantasme lesbien, fantasme d'inceste, fantasme d'enfermement, la pièce a tour à tour tout endossé.

Avec la Compagnie Satin Rose, les bonnes au masculin sont entraînées dans un élan cabarétique où le New-Burlesque côtoie le voguing et le clown. Toutes ces formes, souvent mises à la marge des pratiques artistiques, interrogent l'identité et campent des stéréotypes, miroirs beaucoup trop fidèles de la réalité.

Les signes théâtraux se font codes, règles immuables : les paillettes sont la richesse, les talons le signe de la féminité, les gants en caoutchouc celui de la domesticité. Et si ces signes ne voulaient plus rien dire ? 

Crédit Photo : Matt Foxx

CLIQUE !

Crédit photo Matt Foxx

Prochain projet de la Compagnie Satin Rose Dans la République du bonheur réunit sur scène huit comédiens/chanteurs et un musicien pour une création en mai/juin 2018.
Premier projet de la compagnie, cette adaptation des Bonnes de Jean Genet à la sauce cabaret a affiché complet à la Comédie de la Tour Eiffel en juin 2015.

2017. Compagnie Satin Rose. Association Loi 1901. compagniesatinrose@gmail.com